• Vidéosurveillance à Rodez.


    Mais quelle mouche a bien pu piquer le Maire de Rodez à vouloir présenter au conseil municipal du 15 juin une délibération favorable à la vidéosurveillance pour ensuite la retirer en fin de séance ?

    Aux dires du Maire il s'agissait d'avoir un débat serein et sain à ce sujet: cela aura au moins satisfait G.Serieys qui a déclaré en préambule à son intervention: "C'est bien que le conseil soit un lieu de débat et non une chambre d'enregistrement". Personellement, j'aimerais qu'il en soit effectivement ainsi plus souvent sur d'autes dossiers ...

    Cela dit, je ne pense pas que la volonté de débat soit à la base de la décision du Maire. J'en veux pour preuve les discussions que j'ai eues avec certains "riverains plaignants" des quartiers concernés (Carrefour St-Cyrice et rue de Bonald) auprès de qui le Maire s'était engagé à mettre  en place un système de caméras... Ne voulant pas se déjuger il a organisé un "débat" afin de faire apparaître sa bonne disposition (je mets le sujet à l'ordre du jour) contrariée par quelques élus (ce qui l'amène à retirer la délibération promise). Il peut ainsi répondre aux habitants des quartiers :" je voulais bien mais j'ai été empéché !".

    Ce faisant la méthode du Maire est critiquable à double titre. Premièrement, il laisse "espérer" une solution auprès de la population, sachant qu'il n'a pas de majorité pour voter cette proposition et deuxièmement il prend le problème à l'envers ... Ma position, en partie exprimée durant la séance du conseil municipal, se résume aux points suivants.


    Il y a un réel besoin de répondre aux préoccupations exprimées par la population des quartiers concernés.

    Le besoin de vivre en sécurité, en paix, dans un environnement propre est parfaitement légitime. Les élus locaux sont là pour répondre à ces demandes et lutter contre les incivilités qui empoisonnent la vie quotidienne des habitants.

    Tous les professionnels de la sécurité, toutes les études menées en la matière précisent bien qu'une politique de sécurité efficace ne se résume pas à installer quelques caméras sur la voie publique. Donc, la question que je soulève est : "Pourquoi avoir privilégié une technique, la Vidéosurveillance, par rapport à d'autres ?". Quelles autres solutions sont possibles ? Personnellement je pense indispensable la présence humaine de personnels compétents et formés tels que des éducateurs de rue, des médiateurs voire des policiers municipaux. 

     

    Se pose alors la question de la méthode.

    Comment répondre aux demandes exprimées par la population sans tomber dans des solutions liberticides, couteuses et à l'efficacité douteuse. La participation des personnes concernées au problème me semble indispensable. Associer les habitants, les commerçants, la mairie, les professionnels de la sécurité et du droit dans une même démarche est une nécessité.

    G.Gladin, l'adjoint en charge de la sécurité, avait déjà initié une rencontre de ce type. Je pense qu'il faut poursuivre par d'autres rencontres pour trouver des solutions consensuelles avec au bout, l'engagement d'actions concrètes.

    Nous sommes loin des conclusions hâtives consistant à se prononcer, à travers une délibération, sur le principe de la vidéosurveillance. Il nous faudrait avoir d'abord une démarche sur la prévention de l'insécurité par le déploiement de moyens humains et par la mobilisation des acteurs de terrains. Nous avons la chance d'avoir sur le Grand Rodez un Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, organe dont tout le monde loue le travail et l'efficacité. De manière assez paradoxale il n'a pas été sollicité pour tenter de résoudre ces problèmes... Cherchez l'erreur !

    Un écho à droite...

    Sans surprise, ce sont essentiellement Régine Taussat et Bernard Saules qui ont endossé les habits de supporters du Maire et qui ont le mieux défendu la délibération présentée. Ils auraient aimé la voter, portés par des arguments tels que : "il faut en finir avec les voleurs du marché qui dévalisent le porte-monnaie des mamies afin  d'acheter leur drogue !" dixit Taussat. Ou bien "si vous n'avez rien à vous reprocher, vous ne craindrez pas de vous faire filmer", dixit Saules.... Pourtant un arbitre devrait savoir que ce n'est pas parce qu'on n'a rien à cacher qu'on a envie de tout montrer !

    Reporter cette décision inadaptée.

    J'ai donc demander au Maire (ainsi que plusieurs autres conseillers -M.Garcia Vicente, M.Boucher, G.Serieys) de retirer cette délibération. Le Maire a bien mesuré l'ornière dans laquelle il s'était mis. En retirant la délibération suite aux différentes interventions, il a réorienté l'action municipale dans un sens qui me semble plus humain.

    Reste maintenant l'essentiel (et ce par quoi nous aurions du commencer): mettre sur pied une réelle concertation et prendre ensuite des mesures concrètes...


    ¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨

    Retrouvez à la Maison du Livre l'excellente revue "Books" qui titre ce mois ci : "Rien à cacher, la société de surveillance". Avec des articles tels que "La vie privée a t'elle un avenir ?", "Rien à cacher !", "Souriez, vous êtes filmés ! "


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :