• La rigueur à tous les étages ?

    L'ordre du jour de cette séance du conseil d'Agglomération était peu fourni: il s'agissait essentiellement de désigner les représentants de l'Agglo dans différentes associations ou organismes. 

    Un point toutefois m'importait: "la fixation des indemnités de fonction du président et des vice-présidents".

     

    La note envoyée aux conseillers avant le vote précisait que le président recevrait 100% de l'indice maximal brut de la fonction public et les vice-présidents 30%. Sachant que l'indice en question est aujourd'hui de 3.801,47€, l'indemnité mensuelle versée au président est donc de 3.801,47€ et celles versées aux vice-présidents de 1.140€. Au total, pour l'Agglo, le montant mensuel total des indemnités de fonction versées aux élus se monte à 20.908€.

     

    Je suis intervenu pour signaler que je voterai contre cette délibération (j'avais fait de même, le 4 avril, au conseil municipal de Rodez). Pour plusieurs raisons.

    J'estime que 3.801€ est une indemnité trop élevée pour le président de l'Agglo qui est aussi maire de Rodez et qui, à ce titre, reçoit déjà une indemnité (majorée) d'un montant de 5.131€. Je dis que ces indemnités sont trop élevées car la loi précise bien que "les fonctions de maire, d'adjoint et de conseiller municipal sont gratuites" (art 2123-17 du CGCT). Il s’agit là d’un important principe républicain : se consacrer au « bien commun » n’est pas une profession mais une activité nécessairement bénévole. Des indemnités de fonction sont toutefois prévues par la loi (art 2123-20 du CGCT). Sans constituer un revenu, elles doivent donc permettre à des citoyens qui n’ont pas de fortune personnelle d’exercer leur mandat. Ce sont bien des indemnités et non des salaires et par définition une indemnité est une attribution venant compenser une perte de revenus ou en remboursement de certains frais. A près de 9.000€ mensuels reçus par le maire/président, nous sommes loin des "compensations" prévues. D'ailleurs l'intéressé ne s'en cache pas: dans son argumentation il parle lui "de salaires" perçus pour rémunérer son temps passé "au travail"… Nous assistons là à une véritable perversion de la loi… qui n'est pas unique en France malheureusement. C'est d'ailleurs en se réfugiant derrière ces pratiques peu enviables mais forts répandues que notre maire/président justifie son attitude !

    Ce niveau d'indemnités élevé est par ailleurs anti-économique. Il n'existe pas, à ma connaissance, de cadres supérieurs dans les entreprises de notre bassin d'emploi qui touchent de telles indemnités. 

      D'autant que notre maire/président dispose pour faire face à ces nombreuses et lourdes responsabilités de directeurs généraux qui eux assurent et assument la réalité quotidienne de la gestion. 

      D'autant que notre maire/président a choisi de s'entourer d'un nombre (accru) de vice-présidents (15) et d'adjoints (10), tous rémunérés, à qui il a délégué bonne partie de ses propres responsabilités !

    Ce niveau d'indemnités élevé est par ailleurs injustifié puisque une délibération du conseil prévoit déjà, et en plus des indemnités de fonction, de rembourser les frais divers liés à l'exercice du mandat (déplacements, restauration, hébergement, inscriptions diverses,…). 

    Ce niveau d'indemnités élevé est par ailleurs anti-social. Comment mobiliser les agents dans leur travail, leur demander des efforts d'adaptation et d'acceptation aux contraintes financières quant dans le même temps, le "premier magistrat" s'octroie de telles indemnités ? C'est la rigueur à tous les étages de la mairie de Rodez sauf au 4° (le 4° étage est l'étage du maire et de directeur de cabinet)…!

     

    Pour atténuer les récriminations éventuelles sur son niveau d'indemnités, le maire/président faisait remarquer que son indemnité baissait, passant de 4.182€ lors du précédant mandat à 3.801€ actuellement. C'est vrai. 

    La raison toutefois ne résulte pas d'une volonté de diminuer l'indemnité mais d'une obligation légale de ne pas dépasser l'enveloppe indemnitaire globale suite, entre autre, à l'augmentation du nombre de vice-présidents qui passe de 13 à 15. Il a fallu "répartir le gâteau" entre un plus grand nombre de convives: les parts individuelles ont donc diminué! Mais si les indemnités de "C.Teysedre président" ont baissé à l'Agglo, "C.Teysedre maire" avait toutefois anticipé cette "déconvenue" en faisant voter (ainsi qu'à ses adjoints) une majoration de 25% des indemnités municipales à la ville: la majorité du conseil municipal de Rodez l'avait approuvé; par contre, les 3 élus du groupe "Rodez Citoyen" avaient voté contre!

     

    "Je suis votre serviteur!" a plusieurs fois répété le président de l'Agglo lors du dernier conseil communautaire. Je serai plutôt tenté de dire qu'avec de telles indemnités cumulées (mairie/Agglo), "il est bien servi"!

     

     

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Agnès Gauche
    Mardi 20 Mai 2014 à 11:26

    Effectivement, ces indemnités cumulées sont le double du salaire d'un prof de fac ou de la rémunération de bien des chefs d'entreprise du département qui ont des responsabilités et des emplois du temps tout aussi importants que celui du 1er magistrat de Rodez et du président de l'agglomération avec des équipes bien moins importantes en nombre et en qualification pour les accompagner. C'est à proprement parler indécent dans le contexte actuel.

    L'analyse de la rémunération doit s'accompagner de celle de toutes les équipes salariées qui servent de support à l'action locale, et là, nous atteignons des sommets dans un contexte de volonté affichée de maîtrise des dépenses publiques.

     

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