• Quel a été mon vote ?

    Je me suis personnellement abstenu. Émily Teyssedre Julian, absente, m'avait donné son pouvoir et j'ai voté "contre" en son nom à elle, comme elle me l'avait demandé.

    Guilhem Sérieys, Jean-Philippe Sadoul, sont intervenus pour stigmatiser "mon opposition" aux investissements des collectivités et du Grand-Rodez en particulier. En agissant ainsi je serai un "père la rigueur"!

    Voilà une belle opération de désinformation ! Le texte publié sur mon blog de mon intervention en conseil montre bien que ma critique porte bien sur le surinvestissement démesuré pratiqué par notre Agglomération et non sur le principe théorique de l'investissement. En dénaturant mon propos, en le caricaturant, ils essaient de me décridibiliser au lieu de répondre à mon argument.

    Suis-je un "pessimiste défaitiste partisan du repli" comme plusieurs l'ont déploré ?

    Je suis plutôt entreprenant. Ma pratique concrète d'élu (à Rodez, au Grand Rodez ou au Pays Ruthénois) est là pour prouver que je vais vers les autres même s'ils ne pensent pas comme moi. Je porte des projets ouverts sur la société civile et les communautés de communes autour de nous. Je ne me reconnais donc pas dans ces griefs qui visent sûrement à me "cataloguer" et à me "casser".

    Guilhem Sérieys, Jean-Philippe Sadoul, Marie-Claude Carlin, Christian Teyssedre, Fabrice Geniez ont insisté sur l'importance de mener une politique d'investissement qui, à la différence de l'État ou des autres collectivités en Aveyron, tire l'emploi et limite le chômage.

    Je ne me situe pas dans un débat d'école (pour ou contre Keynes…). Il est évident que les millions que les collectivités investissent concourent à la dynamique économique, ce que je ne souhaite évidemment pas remettre en cause. Mais toute logique à sa limite qu'il faut savoir trouver. Pourquoi certains maires ne veulent-ils pas respecter ses limites ? Parce qu'ils ont la conviction que leur réélection future est conditionnée à la réalisation dès maintenant de leurs projets. C'est donc la "bousculade au portillon" pour les faire réaliser !

    Fabrice Geniez et Christian Teyssedre ont insisté sur la vertu de la dette, particulièrement de la "bonne" dette, celle contractée pour investir.

    J'en ai bien conscience. Les entreprises, les particuliers, les communes,... personne ne songerait à investir  sans emprunter et donc s'endetter… raisonnablement ! La question n'est donc pas d'avoir un débat "théorique" sur la "bonne ou la mauvaise dette" mais bien de savoir modérer son recours à l'emprunt. Personnellement je considère que, lorsque le "matelas de capital et d'intérêts" à rembourser est tel qu'il nous obligera à augmenter la Taxe d'Habitation de plus de 40%, la limite de l'insupportable est atteinte ! Au passage je répond à C.Teyssedre que s'endetter pour financer le fonctionnement d'une collectivité n'est pas une "mauvaise" dette, c'est tout bonnement illégal !

    Fabrice Geniez et Christian Teyssedre, Guilhem Sérieys, Stéphane Mazars et Ludovic Mouly ont rappelé que les projets qui génèrent tant d'emprunt sont lancés depuis trois années et qu'il est donc inconséquent de ma part de ne pas voter maintenant un budget qui ne serait que la traduction de la continuité passée.

    D'abord je dois reconnaître une erreur personnelle. L'an dernier en 2011 j'aurais du faire ce que j'ai fait cette année: m'abstenir. Par naïveté ou faiblesse, je me suis laissé "embarqué" dans cette spirale. Oui j'aurais du réagir et ne pas me contenter de critiquer "la tyrannie de l'investissement", en votant malgré tout le budget. Ce que je dis aujourd'hui aurait été plus cohérent, j'en conviens !

    Malgré tout, je continue de dire que tous les "coups n'étaient pas tous partis" et que nous avions encore en 2012 une marge de manœuvre pour réduire les investissements, le recours à l'emprunt et donc l'endettement. Personnellement j'avais estimé l'économie réalisable à 7millions € …

    Christian Teyssedre me reproche de ne pas dire les investissements que je ne souhaite pas voir engager…

    J'avais précisément demandé qu'une commission des finances soit invitée à discuter de cette question et j'y aurait apporter ma contribution. D'autres conseillers communautaires étaient d'accord avec cette démarche. Mais ni le président, ni le maire de Rodez n'en ont voulu. Je m'étais malgré tout exprimé en Bureau pour dire que par exemple les sommes prévues pour la Piscine Géraldini, le Parc des Expositions ou une partie des fonds de concours pouvaient être reportées… 

    Christian Teyssedre me reproche de jouer "les Cassandre" en parlant de l'augmentation de la taxe d'habitation du Grand Rodez.

    Les études nous montrent qu'entre 2014 & 2020, pour financer les effets du surinvestissement d'aujourd'hui, le montant de la taxe d'habitation perçue par le Grand Rodez devrait augmenter de plus de 40% ! J'ai été vraiment beaucoup surpris d'entendre C.Teyssedre dire qu'une telle augmentation ne remettrait pas en cause l'attractivité du Grand Rodez, lui qui a fait de la baisse de 5% de la taxe d'habitation perçue à Rodez la pierre angulaire de sa communication pour "une attractivité nouvelle de Rodez". La vérité serait elle modulable selon qu'on se trouve au conseil municipal ou au conseil d'agglomération ?

    Guilhem Sérieys a insister sur l'importance "d'éclairer" les citoyens sur le fait que le contexte difficile que nous vivons vient des choix politiques de la Droite, du Gouvernement et du président N.Sorkozy. 

    La fin de la Taxe Professionnelle qui assurait un revenu régulier en progression constante nous prive de recettes: c'est une évidence ! Même si la première année nous n'avons pas été perdant grâce aux mesures compensatoires, nous savons que cela ne durera pas les années suivantes. Mais, je me refuse personnellement d'expliquer aux contribuables grands ruthénois que les responsables de nos choix sont ailleurs que dans l'enceinte du conseil d'agglomération. Quand le contexte extérieur change, il revient aux élus gestionnaires de s'adapter au mieux. 

    Quel est mon avenir en tant que Vice-Président de l'Agglomération ?

    Étonnamment, c'est Stéphane Mazars qui, s'exprimant pour la première fois depuis 3 ans dans l'enceinte du conseil d'Agglomération, a évoqué cette question en se demandant comment je peux désormais continuer à faire partie de l'équipe. Avant le conseil, lors d'un entretien téléphonique que j'ai eu avec Ludovic Mouly, président de l'Agglomération, pour lui expliquer le sens de ma démarche j'avais par avance répondu à cette remarque. Si le Président de l'Agglo, qui m'a confié une responsabilité que j'exerce de mon mieux, change d'avis à mon sujet, je n'aurais pas à rougir de l'action que j'ai menée depuis avril 2008. Je suis donc … zen, en accord avec moi-même !

    Guilhem Sérieys, Marie-Claude Carlin et Fabrice Geniez ont voulu marquer leur espoir dans le changement possible de Président de la République en Mai pour voir évoluer la loi qui encadre le financement des communes et se desserrer la contrainte qui pèse sur les collectivités.

    Un optimiste répondrait que "l'espoir fait vivre" et un pessimiste que "les promesses rendent les fous joyeux" :-))


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  • Voici le texte de mon intervention lors du vote du budget de l'Agglomération du Grand Rodez, ce mardi 13 mars 2012.


    Chers Collègues,

    J'ai bien conscience de l'implication de ma décision: qu'un vice-président ne vote pas le budget n'est pas un acte anodin ! Voila pourquoi je souhaite expliquer en toute franchise en quoi ce budget me paraît déraisonnable, irréaliste et inconséquent.

     

    Il n'est pas raisonnable. En effet, et j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs occasions, il nous faut changer de stratégie. Vous le savez, je ne partage pas l'engouement actuel pour une politique d'investissement que je juge trop dépensière. Je réponds par avance à celles et ceux qui défendent cette stratégie que je ne critique ni l'utilité ni la pertinence de ces investissements mais seulement leur accumulation et la précipitation avec laquelle nous les réalisons. Pour vous fixer les idées nous investissons autant sur le Grand Rodez que l'Agglomération de Limoges, cinq fois plus grande que nous ! Non, ce n'est pas très durable tout ça !

    La situation se résume en deux constats.

    >1°constat: tout les élus savent comme moi que nous sommes en "surchauffe" de l'investissement: je dis tout le monde car cela a été établi par une étude largement présentée en commission des finances. Ce que je dis n'est donc pas une interprétation personnelle: c'est le fruit de l'expertise d'un cabinet d'études reconnu nationalement ! Nous avons un rythme d'investissement excessivement élevé qui est financé massivement par des emprunts. Fin 2011, notre dette explosait déjà à 46M€, imaginez en fin d'année 2012 ! Cela veut dire que chaque contribuable Grand Ruthénois à plus de 800€ de dette, là où la moyenne des agglomérations de notre taille est à 320€… Oui, nous sommes en "surchauffe" ! 

    >2°constat: nous préparons un "retour de boomerang" dévastateur pour 2014, car malheureusement il n'y aura pas de miracle. En n'inversant pas la tendance stratégique aujourd'hui nous condamnons les élus de demain à augmenter de manière importante (de l'ordre de 40%) la Taxe d'Habitation payée par les familles avec en prime la rigueur puisque notre Agglomération aura une marge de manœuvre affaiblie pendant 6 à 10 ans et cela aura des répercussions importantes dans les 8 communes avec la fin des fonds dits de solidarité ! Là aussi cette réalité est connue de tous et a été présentée en commission finances !

     

    Ce budget n'est pas réaliste. En effet, lors de cette préparation budgétaire des voix se sont élevées pour demander un décalage dans le temps, un lissage de nos investissements de manière à générer moins de recours à l'emprunt, moins de dettes et moins de contraintes budgétaires. Cela est d'autant plus vrai que ce budget a inscrit 2,3M€ de recettes d'investissement pour le Musée Soulages en provenance du Conseil Général alors que ce dernier n'a rien prévu lors du vote de son budget il y a 15 jours. J'avais proposé qu'une commission des finances puisse se charger de travailler de manière collective à une alternative de "budget allégé" qui aurait marqué notre engagement à réduire notre dette: hélas, rien n'a été fait. Je constate que notre Agglomération est plus sensible aux sirènes trompeuses du "ça ira mieux demain" qu'aux voix prudentes de la sagesse. Quelle occasion ratée, que de temps perdu et en final que d'amertume pour les contribuables qui seront sollicités à travers l'augmentation de la taxe d'habitation ! Car voila bien une des contradictions de ceux qui aujourd'hui ouvrent grand le robinet de l'investissement au motif de soutenir l'économie: ils seront obligés d'augmenter demain les taxes en diminuant alors le pouvoir d'achat des familles ! Ce budget ne nous permet pas de nous orienter dans la bonne direction, au contraire il nous enferme dans notre erreur !

     

    Ce budget cache enfin une inconséquence majeure, je veux parler des musées et particulièrement du musée Soulages.

    Le pôle muséal qui a vocation à piloter les musées est en pourparlers depuis 3 ans et rien n'avance, rien n'est décidé: ce faisant nous accumulons un retard dangereux ! Nous apprenons en lisant "l'Annexes C1.1: état du personnel de la filière culturelle" qu'il n'y a pas d'évolution du service depuis 2011 et qu'il n'y aura rien en 2012 ! Il nous manque les personnels qualifiés susceptibles de démarrer les expositions du musée Soulages. Et tout cela, alors que l'ouverture est prévue dans 15 mois et que nous savons que les expos se préparent longtemps à l'avance ! Le musée n'est pas une "boite" où l'on stocke du matériel : il faudra des moyens humains. A partir du moment où la décision de construire ce musée a été prise, il faut l'assumer politiquement et budgétairement ! Alors je dis que prétendre faire fonctionner tous les musées à euros constants est un leurre et une grave erreur !

     

    L'an dernier lors du vote du budget, j'avais déjà alerté sur la "tyrannie des investissements" mais j'avais voté le budget car j'espérais que nous pourrions redresser la barre. Malheureusement nous sommes passés de l'orange en 2011 au rouge en 2012.

    Il est donc indispensable de tirer le signal d'alarme, ce que je fais en ne votant pas ce budget !!


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  • Je publie le texte de mon intervention au Conseil d'Agglomération du Grand Rodez, de mardi soir.


    Ce Document d'Orientation Budgétaire n'est pas réaliste. 

    Pourquoi ?

    Parce que nos 5 M€ d'épargne vont fondre comme la neige au soleil sous l'effet de la disparition de la Taxe Professionnelle (nos recettes à l'avenir vont augmenter très faiblement), sous l'effet de l'augmentation des charges de fonctionnement du futur pôle muséal (le fonctionnement des 3 musées va générer un lourd déficit) et sous l'effet du nécessaire soutien croissant aux transports urbains (le coût de l'énergie et de la main-d'œuvre croit plus vite que les recettes)! 

    D'un autre côté, nous avons un rythme d'investissement excessivement élevé qui est financé massivement par des emprunts. L'encours de la dette fin 2011 explose à 46M€. À combien sera t'il fin 2012, avec le programme d'investissement de plus de 28M€ qui est programmé ? J'ose à peine l'imaginer.

    Tout le monde sait comme moi que nous sommes en surchauffe de l'investissement: notre Agglo investit autant que les 200.000 hab de Limoges !!! C'est pas très durable tout ça !

    Mais malheureusement il n'y aura pas de miracle. Si nous n'inversons pas la tendance maintenant, ce qui nous "pend au nez", c'est une augmentation très importante de la Taxe d' Habitation payée par les ménages du Grand Rodez avec en prime la rigueur à tous les étages ! 

     

    Je n'invente rien: ces réalités ont été discutées en "commission des finances" ! Voila pourquoi je maintiens que ce DOB n'est pas réaliste. Il ne nous permet pas de nous orienter dans la bonne direction, au contraire il nous enferme dans notre erreur !

    Et notre erreur porte un nom: c'est le surinvestissement.

     

    Combien de fois n'a t'on pas entendu dans cette assemblée les discours enflammés vantant les vertus de l'investissement pourvoyeur d'emploi et de pouvoir d'achat ? Combien de fois n'a t'on pas entendu les comparaisons flatteuses entre les niveaux d'investissement de certaines collectivités et celui du Conseil Général ? Ces discours nous font croire que nous vivons à l'intérieur du Grand Rodez, dans une bulle d'investissement vertueux qui tire l'ensemble de l'économie Aveyronnaise.

    Mais quand est ce qu'un investissement cesse d'être positif et devient un boulet pour la collectivité ? cela arrive quand trop d'investissements tue l'investissement, cela se passe quand il y a surchauffe et cette situation nous la vivons en ce moment au GR !

    Alors non non et non, il n'est pas opportun d'écrire (p8 du DOB) qu'il faut "Affirmer la vocation de l'Agglo dans sa mission d'investissement…." Dans notre contexte, au contraire il est urgent de lever le pied du surinvestissement, de faire des choix courageux pour décaler dans le temps les investissements prévus.  

    Tout le monde connaît ce jeu radiophonique "Stop ou encore" où l'on doit téléphoner pour encourager ou bien au contraire arrêter le chanteur de son choix. Et bien nous il nous faut massivement nous manifester pour dire "stop au surinvestissement"!.

     

    Alors je sais que Christian Teyssedre vas m'objecter que la Crise Financière est passée par là et que le gouvernement est responsable de la situation en supprimant la Taxe Professionnelle. Évidemment, et il faudra des réponses politiques pour sortir de la crise et combattre le désengagement de l'État.

    Mais nos concitoyens attendent autre chose des gestionnaires et des responsables de collectivités comme nous.  Ils n'ont pas besoin qu'on se lamente, qu'on dénonce ou qu'on cherche des coupables ailleurs. NON. Ils attendent de nous que nous soyons réactifs et que nous trouvions des solutions face aux difficultés. On ne peut pas accuser les autres de nos propres comportements car quand la crise est survenue et face à la suppression de la Taxe Professionnelle, nous pouvions (nous pouvons encore) "réduire la voilure investissement", nous pouvons réduire notre exposition face au risque de sur-endettement. Au lieu de cela, nous avons fièrement "affirmer notre vocation dans notre mission…" et nous avons laissé le robinet de l'investissement grand ouvert. Et pour 2012, idem !!  

     

    Aujourd'hui ceux qui en connaissant notre situation financière fragile continue à prôner l'investissement massif se comportent comme des "pompiers pyromanes". Ils mettent le feu aujourd'hui pour expliquer demain, la main sur le cœur, qu'ils seront obligés d'augmenter les impôts, la faute à la crise et au gouvernement ! Personnellement, je dis qu'il n'y a pas de crédibilité politique dans cette voie là !

     

    Mais alors quelle orientation prendre, quelle vision développer ?

     

    Premièrement, je souhaite que les conseillers communautaires que nous sommes expriment  une commande politique nouvelle et sans équivoque: le lissage des investissements dans le temps. Je souhaite qu'une "commission finances" fasse, avant le vote du budget, des propositions concrètes visant à réduire notre surinvestissement dès cette année. Cela demandera du courage et il faudra mettre un mouchoir sur notre égo politique mais c'est le prix à payer pour notre survie commune.

    Deuxièmement, je propose que soit lancée la réflexion sur le projet pour notre Agglo car la convention territoriale qui nous lie à l'État et à la Région se termine dans 2 ans. Travailler sur le projet d'Agglo "2014-2020" me semble plus pertinent que de "se recentrer sur nos compétences obligatoires", formule qui me semble équivoque !

    Troisièmement,  je propose enfin que dans le cadre du "tandem communes - communautés" qui est évoqué dans la note, nous puissions avoir, fin 2012, un document d'orientation budgétaire commun entre nos 8 communes et l'Agglo.

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  • Habituellement l'Agglomération du Grand Rodez votait son budget en décembre. Pour le prochain exercice budgétaire, il faudra attendre… le mois de mars 2012. 

    Serait-ce le départ non remplacé de la directrice générale adjointe en charge des finances qui occasionnerait ce retard ? Il semblerait que non ! Ce qui est en cause relèverait plutôt de la difficulté actuelle à faire certains arbitrages, toujours repoussés… au moins jusqu'au mois de mars 2012, date butoir imposée par la loi.

    J'emploie le conditionnel car les couloirs de l'Agglo bruissent depuis quelques temps de propos alarmistes sur l'état de ses finances. Le maire de Rodez n'étant pas en reste… en distillant à qui veut l'entendre ces propres chiffres ! Une réunion de la "commission finances" s'est tenue récemment et aurait fait un constat sans appel… Je trouve cette façon de procéder complètement déplacée: en "shuntant" l' instance de régulation et d'orientation qu'est le bureau de l'Agglo, il se crée un brouillard d'indécision et un inflation de ragots incontrôlables.

    Sur le fond, si j'avais l'occasion de dire ce que je pense, cela se résumerait en cette affirmation lapidaire: "Halte à la schizophrénie !". Finissons-en avec une attitude caractérisée par une dissociation et un dédoublement du comportement qui est facteur de troubles.

    D'un coté nous avons une Agglomération qui se lance dans des investissements colossaux et cela dans une période de raréfaction des subventions de l'État et de contraction des recettes fiscales (arrêt brutal de la dynamique de la taxe professionnelle). Nous avons tous entendu, lors du dernier conseil d'Agglo, avec quel lyrisme certains élus ruthénois se déclaraient "sauveur de l'emploi" grâce aux millions investis dans les chantiers ! 

    Sauf que la raison s'impose à nous. Je me souviens très précisément des propos de la directrice générale adjointe en charge des finances en 2008. Je la questionnais sur notre capacité d'investissement maximum. Sa réponse fut "13 millions d'euros par an". Suite à l'inflation des projets prévus et lancés (est-ce étranger au besoin de se faire réélire en 2014 ?) nous sommes aujourd'hui bien au delà de ces 13 M€ d'investissement !!!

    Alors certains voudraient développer une stratégie de compensation. Pour pouvoir investir plus, il faudrait dépenser moins et générer plus d'épargne de gestion. Et c'est désormais la calculette en main qu 'ils projettent de donner des coups de ciseaux partout. Mais comme les frais de fonctionnement ne sont pas compressibles à souhait, à moins de remettre en cause le projet d'Agglo ou les services rendus au public, c'est vers l'emprunt que l'Agglo se tournera au risque… d'une inflation de la dette !

    La schizophrénie ambiante consiste donc à critiquer le niveau de la dette qui va grandissant tout en s'engageant dans une fuite en avant de l'investissement financé par l'emprunt, le tout au delà du supportable. Il faut en sortir, vite ! La solution de bon sens serait d'étaler dans le temps les investissements prévus: pour cela il faudra que certains élus ravalent leur "égo politique" et admettent de repporter plusieurs millions d' investissements à plus tard ...après 2014 !

    Aurons-nous, à l'Agglo, un personnel politique capable d'une telle raison ? Rien n'est moins sûr, tant les comportements dignes de "Dr.Jekyl et Mr.Hyde" sont présents !


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  • Baraqueville intègre l'Agglomération du Grand Rodez suite au vote de hier soir (12 octobre). Je me suis abstenu. Voila pourquoi.

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    J'ai n'ai que 2 mots à dire à Madame le maire de Baraqueville: Bravo et Dommage.


    BRAVO, car vous ouvrez la porte du Ségala sur l'Agglomération. Baraqueville a une identité forte et assure un rôle majeur dans l'animation du Ségala, ce qu'il est convenu d'appeler le Ségala Vivant. L'entrée de Baraqueville permettra un rééquilibrage géographique de notre Agglo au Sud. Elle permettra aussi un rééquilibrage économique vers l'agriculture et le monde rural (il n'y a qu' à songer à l'importance de sa Foire annuelle !).
    Bravo encore pour faire bouger les lignes et montrer que rien n'est figé dans nos intercommunalités. Vous avez fait mentir les Cassandre qui prédisaient un échec du schéma de coopération et vous avez dynamité la muraille de Chine qui devait entourer  notre Agglomération à huit communes seulement.

    Mais je dis aussi DOMMAGE car la noble ambition affichée se dilue dans la méthode employée.

    Dommage car je ne partage pas ce  "jeu de mécano administratif" qui consiste à déboulonner de manière unilatérale les intercommunalités laissant l'intercommunalité baraquevilloise exsangue.
    Dommage car la précipitation va nous faire prendre aujourd'hui une décision "à l'aveugle": nous n'avons pas analysé ensemble sereinement ce qui pourrait être le contenu de notre projet commun.
    Cette course contre la montre n'est pas justifiée puisque nous n'agissons pas dans le cadre très contraint de la procédure du SDCI actuellement en cours de révision par la préfète ( et qui se termine dans 3 mois) mais dans un cadre dérogatoire qui se déroulera à son rythme propre pendant de nombreux mois.

    Tout cela nous renvoie à notre vision future du territoire autour de nous, à notre ambition pour l'Agglomération. 


    Oui, notre agglomération a vocation à s'ouvrir pour atteindre une jauge réaliste et gérable de 60 ou 65.000 hab ! Mais notre agglomération a surtout vocation à coopérer avec les autres intercommunalités autour de nous dans le cadre du SCoT (en cours de construction) et nous permettra de déterminer ce qui est le plus pertinent dans la refonte des intercommunalités autour de nous. Avant de vivre ensemble, il faut se fréquenter pendant quelques temps et porter des projets communs. 

    Posons nous la question de savoir comment cette adhésion "à pas forcés" est reçue dans les communes et communautés de communes autour de nous ? Quel capital confiance aurons nous désormais dans nos relations futures du coté de Marcillac, Bozouls, Pont de Salars ou de Viaur-Céor-Lagast ?

    Dans ces conditions, mes sentiments de Bonheur de voir l'Agglomération grandir mais de Déception quant à la méthode employée, dans ces conditions donc,  je m'abstiendrai de voter cette délibération.


    +++++++++++++++++++

    SCoT: Schéma de Cohérence Territorrial. Créé en 2000 et renforcé par les lois "grenelle" en 2010, les SCoT sont des documents d'urbanisme qui organisent la cohérence entre les intercommunalités d'un même bassin de vie. Les SCoT permettent, par exemple, faire coopérer des communes et des intercommunalités pour décider des implantations pertinentes de collèges, de piscines ou de zones d'activités… Le code de l'urbanisme définit ce que sont les SCoT.

     On se rend compte en écoutant les interventions de plusieurs délégués communautaires du Grand Rodez qu'il y a une confusion entre la démarche du SCoT et l'agrandissement de notre Agglomération. 
    L'agrandissement de notre intercommunalité appelée "Agglomération du Grand Rodez" vise à une intégration des services communaux: le périmètre pertinent est la capacité de gestion de l'ensemble constitué. Au vu de notre géographie locale, la "maille" pertinente se situe autour d'une petite quinzaine de communes regroupant 60 à 65.000 habitants.
    Le SCoT du pays ruthénois, lui, vise à faire vivre sur le périmètre de l'ensemble du "bassin de vie" plusieurs intercommunalités indépendantes, construites autour de petites villes et qui ont l'intelligence commune de coopérer sur des thématiques aussi variées que l'offre d'habitat, de services, d'activités et de modes de déplacements.
    En conclusion, parler comme j'ai pu l'entendre d'une "Agglo du Grand Rodez" qui engloberait l'ensemble du bassin de vie (plus de 100.000 hab !) est source de confusion … et de difficultés de gestion ! Sans parler des imbroglios politiques !!!


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